sam. 07 août | Cloître de la Collégiale

Un nouveau printemps du monde

Chansons et polyphonies romanes Ensemble Diabolus in musica, direction Antoine Guerber Raphaël Boulay, ténor / Romain Bockler, baryton / Emmanuel Vistorky, baryton-basse / Philippe Roche, basse / Nicolas Sansarlat, vièle à archet Cinquième concert du festival d'été 2021. Entrée libre - collecte
Les billets ne sont pas en vente
Un nouveau printemps du monde

Heure et lieu

07 août à 18:00
Cloître de la Collégiale, Rue de la Collégiale, 2000 Neuchâtel

À propos de l'événement

Benedicamus Domino/Umane prolis (versus à 2 voix)

Omnis curet homo (versus à 2 voix)

Pax in nomine Domini (chanson de Marcabru)

No sap chantar (chanson de Jaufré Rudel)

Can l’erba fresch’ (chanson de Bernard de Ventadour)

Senescente (versus à 2 voix)

Flors vernans (versus à 2 voix)

No posc sofrir c’a la dolor (chanson de Giraut de Borneil)

Chant e deport joi (chanson de Gaucelm Faidit)

Novum festum celebremus (versus à 2 voix)

Res jocosa (versus à 2 voix)

La dousa votz ai aizida (chanson de Bernard de Ventadour)

Quan lo rius de la fontana (chanson de Jaufré Rudel)

Estat ai com om esperdutz (chanson de Bernard de Ventadour)

Homo gaude (versus à 2 voix)

Gregis pastor (versus à 2 voix)

Au 12e siècle, selon la célèbre expression de Georges Duby, un « nouveau printemps du monde fleurit, sur la vieille souche latine ». L'art et la culture veulent percer le mystère du monde, explorer l'invisible et discipliner la sauvagerie des temps anciens. La polyphonie connaît alors ses premières élaborations audacieuses et véritablement jubilatoires. Autour de Saint-Martial, quatre manuscrits entiers nous transmettent les fameux « versus » dédiés principalement à la Vierge Marie dont le culte devient si populaire.

De même, les premières chansons profanes de notre histoire sont créées en Aquitaine d’abord, avec une virtuosité formelle et un sens mélodique incomparables. Chantres et troubadours font preuve d'une créativité époustouflante. Au-delà des apparences, les cohérences et liens étroits entre les sphères profane et sacrée sont très frappants. Ainsi, les textes des versus aquitains ne sont pas dénués de sensualité, d’ambiguïté de genre, voire d’érotisme, tout comme ceux des troubadours, dont l’amour courtois, désemparé et inaccessible en théorie, peut également se montrer très charnel. Mais la Vierge Marie demeure l’icône de l’orthodoxie monastique, nous rappelant l’idéal chaste de la dame courtoise des troubadours.

Ensemble spécialisé dans l’interprétation de la musique du Moyen Âge, Diabolus in musica fête cette année trente ans d’une riche existence, marquée des concerts dans les plus grands festivals du monde entier, des enregistrements encensés par la critique et de très nombreuses interventions pédagogiques. Au départ, Diabolus in musica est un ensemble de passionnés des musiques du Moyen Âge, cette période longue et éloignée de nous qui se situe néanmoins à la base de toute notre culture, une période encore trop méconnue et étonnamment brillante, inventive, surprenante, qui a formé notre langue, construit les cathédrales, fait naître nos villages et villes, inventé la polyphonie et des musiques merveilleuses… L’ensemble est constitué d’une fidèle équipe de chanteurs et instrumentistes regroupés autour d’Antoine Guerber, profondément investis dans les répertoires exigeants des musiques médiévales avec deux grandes spécialités : les chansons des trouvères et les polyphonies à voix d’hommes du 12e siècle jusqu’à la Renaissance.

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