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Méditations du mois

Méditation de novembre par Florian Shubert

Attendre et espérer

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Chers paroissiens, chères paroissiennes,

Qu’attendons-nous?

Attendons-nous un vaccin? La fin de la deuxième vague? Un bon président américain? Une meilleure politique pour la planète? La liste des choses que nous attendons est longue et risque de s’allonger à chaque nouveau problème qui surgit sur la marche du monde, tant que nous attendons la fin des problèmes pour nous préparer au sens profond de nos vies et des nos existences.

C’est sur ce point que l’évangile proposé pour ce dimanche peut nous donner un éclairage:
Les jeunes filles prévoyantes savent ce qu’elles attendent, elles ont un rôle et ne se laissent pas distraire: elles attendent l’époux et la fête des noces. Souvent quand on lit ce texte, on est ému par le sort des jeunes filles insouciantes et on trouve que ce n’est pas juste ce qui leur arrive. On se demande pourquoi les prévoyantes ne partagent pas leur huile. Mais ce n’est pas là que se trouve le sens du texte, car ce texte ne parle pas d’entraide, il parle de priorité. En tant que chrétiens, nous attendons en priorité Dieu. Ce que nous attendons, ce n’est pas la fin de tel problème ou un progrès sur tel point, mais nous attendons l’Autre, l’Absolu, celui qui donne du sens à nos vies et qui nous remplit de joie, de lumière et d’amour. Au cours de l’histoire de Dieu avec son peuple, il y a toujours eu des problèmes, des maladies et des guerres, mais au-delà de cela, le Christ est aussi toujours venu à la rencontre des siens. Alors dans ce nouveau temps de semi-confinement, arrêtons d’attendre les changements de l’extérieur pour nous tourner vers cette grande et profonde attente de Dieu qui doit marquer nos vies. Car ce que cette pandémie nous montre à titre individuel comme à titre collectif: c’est que la mort est toujours là et qu’elle peut arriver un peu par surprise mettre fin à notre vie ou à celle de nos proches. Et c’est bien une des façons dont Dieu fait irruption dans nos existences. Un jour nos vies terrestres sont terminées et nous espérons qu’alors nous sommes appelés à entrer dans la joie du royaume. Ce que les jeunes filles insouciantes semblent oublier c’est le sérieux de nos vies.  Être en train d’acheter de l’huile au moment, où leur rôle est d’accueillir l’époux est une négligence terrible et un manquement grave à leur vocation, par analogie être en train de s’étourdir avec des espoirs de meilleurs lendemains quand notre vocation est d’accueillir le Christ et sa vie dans notre monde est un manquement grave à notre vocation de chrétiens. Parce qu’évidemment le moment de notre mort n’est pas le seul moment, où Dieu fait irruption dans nos vies, c’est juste le dernier moment, où il fait irruption. Avant cela, il vient vers nous, dans sa parole, dans son peuple et dans toutes ses sœurs et ses frères humains qu’ils nous envoie pour que nous nous en réjouissions et que nous en prenions soin.

Alors oui il faut de la patience et de la persévérance, mais ce qui nous est promis c’est une fête de vie. Et Jésus nous donne cet ordre essentiel: Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.
Il nous appelle par là à vivre des vies éveillées, des vies remplies de sens et des vies qui tendent vers la source et vers la vérité.

En ce sens, je vous souhaite à tous et à toutes une semaine bénie et remplie de la présence de ce Dieu qui est là maintenant et toujours.

 

 

Méditation d'automne par Florian Schubert

 

LE MAGNIFICAT

 

47 Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

 

48 Il s'est penché sur son humble servante ;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

 

49 Le Puissant fit pour moi des merveilles ;

Saint est son nom !

 

50 Son amour s'étend d'âge en âge

sur ceux qui le craignent ;

 

51 Déployant la force de son bras,

il disperse les superbes.

 

52 Il renverse les puissants de leurs trônes,

il élève les humbles.

 

53 Il comble de biens les affamés,

renvoie les riches les mains vides.

 

54 Il relève Israël, son serviteur,

il se souvient de son amour,

 

55 de la promesse faite à nos pères,

en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais.

 

 « Réjouis-toi Marie ! » Tels étaient les paroles de l’Ange, Marie répond : « mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur » dans le Magnificat. Sa joie remplie son existence et s’exprime dans cette prière, par laquelle nous pouvons partager sa joie. Elle touche son corps, son âme et son esprit, parce que Marie porte le Christ dans ces trois dimensions de notre être. Lorsque la grâce nous touche, elle nous touche aussi dans ces trois dimensions, à nous de le découvrir.

 

Sa joie prend source dans la foi d’Israël, elle utilise ainsi le langage des psaumes et des prophètes et le fait résonner avec son propre vécu. Sa joie inonde son présent, elle est celle qui porte en elle l’accomplissement de toutes les promesses et sa joie lui ouvre un avenir bienheureux. Marie reconnait dans son élection de porter le Christ dans ce monde, la preuve de la fidélité et de la justice de Dieu. Dieu remplit ses promesses, mais à sa façon discrète et différente de nos attentes, alors elle croit. La foi de Marie exprime le cœur de la foi d’Israël en un Dieu qui prend soin de nous, cette foi est renversante mais non pas révolutionnaire. Elle reconnait qu’en élevant l’humble, Dieu élève les humbles, qu’en choisissant la jeune fille discrète, il comble de bienfaits ceux qui ont faim, qu’en naissant petit enfant et Roi des rois, il fait tomber les puissants de leurs trônes. Alors entrons dans cette foi et disons que Dieu est juste, qu’il est bon et qu’il tient ses promesses et nous apprendrons à voir cela dans nos vies et à être saisi de cette joie devant la vie qui vainc les ténèbres et devant les promesses de salut qui se réalisent.

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